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Allan Cain vit et travaille à Luanda depuis 1980. Il a vu de ses propres yeux comment la guerre et la pauvreté ont dévasté la vie des Angolais. Les pires effets se sont fait sentir dans des musseques comme Sambizanga : 

«En 1992-1993 la guerre civile a éclaté de nouveau; les villes sont devenues des champs de bataille et nous avons connu la plus forte croissance de population, surtout dans les bidonvilles autour de Luanda, où 75 à 80 p. 100 des gens vivaient sans eau et sans égouts». 

Sambizanga 
photo: Development Workshop

Avec Development Workshop, une organisation canadienne dont il est cofondateur, Allan Cain a parlé aux dirigeants communautaires et aux résidents de Sambizanga. Tous étaient d'accord que l'eau était la première priorité. 

Ils ont conclu que la communauté avait besoin de travailler ensemble pour creuser des tranchées et poser des tuyaux qui rejoindraient le système municipal dans le centre de la ville de Luanda. Cela amènerait de l'eau traitée directement à Sambizanga. Il faudrait alors former des groupes d'usagers pour gérer et entretenir les tuyaux et pour recueillir des frais minimes destinés à l'entretien. 

Plus facile à dire qu'à faire! Sambizanga est très grand et il faudrait des centaines de personnes pour aider à construire le système d'eau. Comment amener les gens à s'intéresser au projet? 

photo: Development Workshop  
programme de formation 
 

Allan Cain a travaillé avec une troupe de théâtre locale! Dans la rue, la troupe jouait une pièce qui décrivait le programme d'eau que la communauté pouvait réaliser. La pièce comprend de la musique et beaucoup d'humour. Elle esquisse le processus de mise en place d'un groupe de gestion communautaire, la construction d'un système d'eau et certains problèmes potentiels comme, par exemple, le trésorier se sauvant avec tout l'argent. Le théâtre de rue a capté l'intérêt des gens, et, à partir de là, on a pu organiser des groupes d'usagers. Chaque groupe est créé autour d'un quartier qui possède une colonne d'alimentation - environ 500 personnes ou 60 familles par groupe d'usagers. Le groupe élit alors un comité qui reçoit une formation en hygiène, en traitement de l'eau potable, en comptabilité de base, en entretien de base et en réparations simples. Après la formation, chaque groupe reçoit du matériel éducatif, deux robinets, une clé et trois mètres de fil pour nettoyer les tuyaux. 

Les groupes ont d'abord choisi des sites pour installer de nouvelles colonnes d'alimentation en s'assurant qu'elles seront dans des endroits faciles d'accès, puis ils ont creusé les tranchées et relié les tuyaux au vieux réseau municipal d'eau traitée. Les groupes élisent un commissaire, un trésorier et un surveillant pour s'occuper de la colonne, faire l'entretien au besoin et recueillir les frais des usagers. 

Le résultat final est de l'eau plus propre, à prix abordable et facile d'accès pour les familles de Sambizanga. En 1996, 58 colonnes d'alimentation ont été construites et le taux de mortalité due au choléra à Sambizanga est passé d'un des plus élevés à un des plus bas de toutes les communautés. 

Pourquoi le projet a-t-il réussi? Il y a un certain nombre de facteurs clés qui contribuent au succès d'un tel projet. 

  1. Participation de la communauté

  2. De bonnes intentions ne suffisent pas. La communauté qui a besoin d'aide doit s'engager tout au long du processus, depuis la phase de conception jusqu'à la mise en oeuvre et à l'entretien. Tu as peut-être entendu des histoires de camions ou de tracteurs obtenus grâce à l'aide internationale qui rouillaient dans les champs parce que les gens de la communauté locale ne savaient pas comment les faire fonctionner ou n'avaient pas les pièces pour les réparer. Ce genre de choses n'arrivent pas quand les individus visés par un projet participent pleinement è la mise en oeuvre de ce dernier. 
  3. Faible coût

  4. Il ne sert à rien d'avoir un plan fantastique s'il est trop dispendieux. Lorsqu'on travaille dans un des endroits les plus pauvres de la planète, il est important que la construction originale et l'entretien subséquent soient abordables. Au Canada, la partie la plus coûteuse d'un tel projet serait la main-d'oeuvre. À Luanda, elle a été fournie par les gens de Sambizanga, qui ont appris comment creuser des tranchées, installer et réparer des tuyaux. Lorsque l'eau coule, les usagers payent des frais qui assurent l'entretien en permanence. 
  5. Perspective à long terme

  6. S'il y a des bris six mois plus tard et que les travailleurs originaux n'y sont plus, cela ne sera pas très utile. Parce que le système d'eau à Luanda a été construit par des gens de la communauté, l'entretien à long terme n'est pas difficile. Le surveillant élu reçoit un salaire pour s'occuper des réparations et des remplacements au besoin. 
  7. Propriété

  8. Le fait que le système d'eau appartient à la communauté et que cette dernière en a le contrôle est un facteur clé dans la viabilité du projet à long terme. Plutôt que d'avoir des gens qui entretiennent les robinets seulement parce que c'est leur travail ou parce qu'on leur dit que c'est dans leur intérêt, les groupes d'utilisateurs contrôlent réellement les décisions qui sont prises. Combien demander en frais pour l'eau? Quand faire les réparations? Quand faudra-t-il un plus grand système? Ils évaluent les répercussions des décisions: par exemple, plus les frais sont élevés, plus il y aura d'argent pour financer les réparations, mais plus la vie sera dure pour les usagers de la communauté. 
Même s'il semble préférable de fournir de l'eau gratuitement à tous les habitants du bidonville, dans la pratique, ce n'est pas une bonne solution. Des années d'expérience dans les pays en voie de développement et en Occident démontrent que le fait d'exiger des frais minimes pour un service ou un bien assure un entretien à long terme et une utilisation sage. Aujourd'hui, au Canada, de plus en plus de municipalités utilisent des compteurs d'eau pour facturer les résidences pour l'eau utilisée au lieu d'exiger un montant forfaitaire. Lorsque la conservation d'eau permet d'économiser de l'argent, les gens ont plus tendance à la pratiquer. 

Le Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH) a choisi le projet de Sambizanga comme un des 100 meilleurs dans le cadre de son concours de 1996 sur les meilleures pratiques à utiliser comme exemple dans d'autres pays en voie de développement. 
 

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