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Le rôle des Canadiens en tant que gardiens de la paix est reconnu et respecté tant à l'échelle nationale qu'internationale. En 1997, cette reconnaissance a pris encore plus d'importance avec la culmination des démarches effectuées par Ottawa pour bannir les mines antipersonnel (voir ci-bas). 

Le déminage 
Malgré l'importance de la campagne de bannissement des mines terrestres, les opérations de déminage continuent d'être une préoccupation majeure en Bosnie, en Croatie, en Angola et dans d'autres points chauds. 

Voir Sujet brûlant pour obtenir plus d'information sur les travaux de recherche et les progrès réalisés en matière de techniques de déminage. 

Voici ce qu'a écrit un casque bleu canadien sur l'importance de sa mission : 

«...J'ai très confiance en mes connaissances et en ma capacité de me protéger du danger... Je connais le pouvoir destructeur des mines. Les civils et les jeunes enfants, eux, n'en savent rien. J'utilise mes connaissances pour les protéger. Les ingénieurs pensent aux nombreuses vies qu'ils sauvent, et non à celle qu'ils mettent en danger». 

Cplc Mark Isfeld, 1er Régiment du Génie, Croatie, 1994 
Le cplc Mark Isfeld a été tué en juin 1994 lorsqu'un véhicule blindé transportant du personnel a fait exploser une mine terrestre près de l'endroit où il se trouvait. Pour plus d'information sur Mark Isfeld et sa carrière, consulte le site web créé par son père, Brian Isfeld, en son honneur. 
Photo: Canadian International Demining Centre 
 

Le déminage comprend habituellement trois phases:  
la détection, l'enlèvement et la destruction. 

John MacInnis était le Sous-commandant des forces canadiennes dans l'ex-Yougoslavie pendant la guerre civile. Il est maintenant chef de l'Unité de déminage et des politiques au Département des affaires humanitaires aux Nations Unies. Selon lui, les activités de déminage en sont encore à leurs balbutiements. Pour chaque 5 000 mines déterrées, il y a au moins une personne qui est tuée et trois qui sont blessées. Il explique que la détection constitue le plus grand défi. «C'est l'estimation du risque plutôt que le risque lui-même qui pose un problème». Si on pense qu'un village, un champ ou une route est miné(e), cette région devient inutile, peu importe le nombre de mines qui s'y trouvent en réalité. La première étape consiste donc à détecter la présence des mines. Les méthodes de détection actuelles varient.  On utilise des méthodes de haute technologie (géoradars, équipement infrarouge et imagerie par résonance magnétique); des méthodes de détection biologiques (chiens renifleurs, insectes, bactéries, etc.); et des méthodes de détonation par la force (battre au fléau, rouleaux compresseurs et charrues); ainsi que l'utilisation de sondes mécaniques manuelles. Tu trouveras une excellente description des diverses techniques de déminage au site web du Département de génie mécanique de l'Université d'Alberta

Le rôle de MacInnis est d'aider les pays en voie de développement à élaborer, à l'échelle locale, leurs propres outils et méthodes de déminage ainsi qu'à établir certaines normes. Sur le terrain, MacInnis note que les méthodes de détection actuelles doivent souvent commencer avec des chiens. Les chiens peuvent détecter la présence de mines et, par le fait même, l'absence de mines, de façon à ce que le terrain en question puisse de nouveau être utilisé. Quand des chiens confirment la présence de mines, l'étape suivante est de procéder au déminage en utilisant diverses techniques qui ne sont efficaces que dans 60 à 70 % des cas; ensuite, des personnes achèvent le processus en rampant sur le sol afin de sonder la surface devant eux. De toute évidence, le déminage est un processus extrêmement long et dispendieux. 

Clique ici pour obtenir le texte complet des Nations Unies sur les Normes internationales relatives aux opérations de déminage 
 
Mais il y a lieu d'espérer. Les casques bleus, comme Mark Isfeld, ont réalisé d'énormes progrès dans le domaine du déminage, non seulement en déterrant des mines, mais aussi en enseignant aux populations locales comment les éviter. En établissant des priorités en matière de déminage, on peut maximiser les effets du processus une fois complété. Le Département des affaires humanitaires de l'ONU suit l'ordre de priorité suivant : 

  • permettre aux personnes déplacées de regagner leurs domiciles 
  • rendre les terres agricoles utilisables de nouveau 
  • permettre aux écoles, aux églises et autres établissements communautaires de rouvrir leurs portes 
  • favoriser la relance et la croissance de l'économie 
  • Cependant, pour effectuer une percée significative dans l'immense travail de déminage qu'il reste à accomplir, d'importants progrès technologiques doivent être effectués dans ce domaine. Voir Sujet brûlant

    Soins médicaux 
    Malgré les importants travaux de recherche en cours pour améliorer les méthodes de détection, des milliers de personnes sont toujours victimes des mines terrestres chaque année. De nombreuses victimes de mines terrestres n'ont toujours pas accès à des soins et à des programmes de réadaptation adéquats. 

    Le Comité international de la Croix-Rouge estime que le prix pour traiter une victime d'explosion de mine terrestre est d'environ 120 $ US par jour. Puisqu'un patient ayant subi une amputation reste à l'hôpital pendant une trentaine de jours, il en coûte donc approximativement entre 3 000 $ et 4 000 $ US par patient. En outre, chaque membre articifiel coûte entre 100 $ US et 150 $ US. Quand on ajoute à cela les coûts reliés à l'ajustement de la prothèse, à l'hébergement du patient et à l'équipement, le montant total s'élève à 1 000 $. Une jeune personne active devra remplacer sa prothèse à chaque deux ans. Le coût global lié à la réadaptation des amputés s'élève donc à des dizaines de millions de dollars. De plus, les agences et les organismes font tous régulièrement face à des insuffisances de fonds pour maintenir les programmes existants, voire pour en établir des nouveaux. 

    Quelques faits sur les victimes des mines terrestres 

    • Jusqu'à 50 % des victimes de mines terrestres meurent dans les minutes qui suivent l'explosion, avant de recevoir une aide médicale 
    • 28,5 % des survivants d'explosions perdent une jambe ou les deux 
    • 75 % des amputés ont besoin de transfusions de sang, ce qui augmente le risque de propagation d'agents de contamination sanguins. 
    • les patients qui nécessitent une amputation subissent en moyenne quatre interventions chirurgicales 
    • Les membres artificiels des enfants doivent être remplacés chaque six mois et ceux des adultes chaque 3 à 5 ans; donc, un jeune amputé âgé de dix ans nécessitera au moins 25 prothèses au cours de sa vie (au coût de 150 $ US chacune, ce qui est souvent inabordable) 
    Source : Le Comité international de la Croix-Rouge 
    Photo: CIDC 
     

    L'organisme français Opération Handicap internationale de la Croix-Rouge rapporte qu'elle consacre une proportion croissante de ses ressources à des interventions chirurgicales effectuées sur les victimes de mines terrestres ou à l'ajustement de prothèses pour les femmes et enfants ayant fait exploser des mines en marchant dans les champs pour garder leurs troupeaux ou pour chercher du bois afin de faire du feu. Phillippe Chabasse, Directeur exécutif d'Opération Handicap internationale, a expliqué pourquoi son organisme favorise l'interdiction des mines terrestres antipersonnel : Avec autant de nouvelles blessures survenant chaque jour, «Nous devons travailler très fort pour constamment revenir à la case départ.» 

    Bannissement des mines terrestres 

    Celina Tuttle, Mines Action Canada  
    Quand on considère que des milliers de mines terrestres sont plantées chaque jour, déminer les champs et traiter les victimes peuvent paraître des exercices quasi-inutiles. Mais que peut-on faire? Quelle influence pouvons-nous avoir sur des guerres qui se déroulent à des milliers de kilomètres de nous? 

    Peut-être pouvons-nous faire plus qu'on ne le pense. Parce que si ce sont les habitants des pays en voie de développement qui sont les victimes des mines antipersonnel, ce sont les pays industrialisés qui les fabriquent. 

    Stopper la production, le commerce et la distribution de mines terrestres antipersonnel est la seule solution possible pour l'instant. 

    C'est dans ce but qu'en décembre 1997, plus d'une centaine de pays se sont portés signataires de la "Convention sur l'interdiction d'utiliser, de stocker, de produire et d'échanger des mines antipersonne et sur leur destruction." 

    Cette étape décisive pour la disparition des mines terrestres anti-personnel a été menée à terme sous la gouverne de Jody Williamson de la Campagne internationale pour la destruction des mines terrestres lancée aux États-Unis. Mme Williamson s'est mérité le Prix nobel de la paix en 1997 pour son excellent travail et son dévouement extraordinaire. 

    La regrettée princesse Dianan a largement contribué à cette campagne, ce qui a attiré l'attention de nombreux médias. 

    C'est le Canada qui a toutefois fait preuve de leadership afin de réaliser ce projet.  Celina Tuttle, Coordinatrice de Mines Action Canada, était bien résolue à prendre les moyens qu'il fallait pour remédier à cette situation. En collaboration avec plusieurs autres individus et organismes canadiens intéressés, elle a organisé une importante campagne qui a mené le gouvernement canadien à interdire l'utilisation des mines terrestres. 

    À la fin de la conférence sur les mines terrestres, qui s'est tenue à Ottawa le 3 octobre 1996, le ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a spontanément invité les autres pays à signer un traité interdisant la production, le commerce, le stockage et l'utilisation de mines antipersonnel. La date pour la signature du traité était fixée à décembre 1997 dans le cadre d'une réunion de suivi qui se tiendra également au Canada.(Pour lire l'annonce officielle cliquez ici; ttp://www.cfp-pec.gc.ca/francais/97_110f.htm

    Cette annonce du gouvernement canadien représentait un important virage politique. Il n'y a pas si longtemps, on exportait des mines terrestres fabriquées au Canada. En fait, on a retrouvé des mines canadiennes (fabriquées par SNC Industrial Technologies Inc.) dans des arsenaux iraquiens après la Guerre du Golfe. De plus, il y a à peine 3 ans, en septembre 1995, le Canada affirmait encore que les mines terrestres pouvaient être utiles dans certaines circonstances et que le gouvernement canadien ne pouvait pas appuyer une interdiction totale de leur production et de leur utilisation. 

    Pourquoi le Canada a-t-il fait volte-face aussi rapidement? 

    Celina Tuttle attribue ce changement d'attitude à plusieurs facteurs: 

    • l'immense intérêt public que provoque la question ainsi que les preuves irréfutables de la grande capacité de destruction des mines antipersonnel 
    • la nomination de députés fédéraux et de personnel au sein des Affaires étrangères qui appuient l'interdiction des mines antipersonnel 
    • une couverture médiatique soutenue qui sympathise avec la cause des mines terrestres ainsi que la campagne internationale visant à interdire leur utilisation 
    À titre de coordonnatrice des activités de Mines Action Canada, Celina a aidé à mobiliser le soutien du public et des médias canadiens. 

    Fondée en 1994-1995, Mines Action Canada (MAC) est une coalition de 38 organismes non gouvernementaux oeuvrant dans les domaines du développement, du désarmement, de la religion et de la justice sociale. Mines Action Canada a apporté une importante contribution au débat en mobilisant l'opposition publique, en encourageant les Canadiens à écrire des lettres de protestation et s'assurant que les médias aient accès à des renseignements à jour. Pour plus d'information sur les étudiants canadiens qui ont participé à ce programme, voir C'est ta planète. 

    Dans ses efforts pour sensibiliser le public, les médias et le gouvernement à la cause des mines terrestres, le MAC a travaillé de près avec la Campagne internationale visant à interdire l'utilisation des mines terrestres (ICBL). L'ICBL résulte d'une importante initiative de coopération entre des centaines d'organismes non gouvernementaux à travers le monde. Au mois de décembre 1996, 725 organismes situés dans 42 pays étaient membres de l'ICBL . 

    Lien au Gouvernement du Canada et les mines terrestres 
     
    Lien au Centre canadien pour le développement de la politique étrangère. 
     
     

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