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Marie-Claire Nadeau
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Le Pérou regorge de richesses naturelles et possède une
grande diversité géographique. Mais dans ce pays, l'écart
entre les riches et les pauvres est immense. Dans les régions rurales,
le taux d'analphabétisme est de plus de 80%. Pourtant, le Pérou
se classe parmi les dix plus grands producteurs d'or, d'argent, de plomb,
de cuivre et de zinc. De plus, son sous-sol renferme d'énormes réserves
de phosphates. À l'instar de plusieurs pays d'Amérique du
Sud, le Pérou se remet de plusieurs années de régime
militaire et l'influence de l'armée se fait encore beaucoup sentir.
La récente prise d'otages à l'ambassade du Japon à
Lima a fait ressortir les problèmes politiques et sociaux de ce
pays. FLASH
| Comparaison
avec le Canada |
Pérou |
Canada |
| Superficie |
1 285 000 km2 |
9 970 610 km2 |
| Population (millions) |
22,45 |
28,44 |
| Langues officielles |
Espagnol, Quechua |
Anglais, français |
| Produit national brut |
3 500 $ Can. par personne |
26 000 $ Can. par personne |
| Espérance de vie à la naissance |
66 ans |
77 ans |
| Taux de mortalité infantile |
80 par 1 000 naissances |
6 par 1 000 naissances |
| Taux d'alphabétisation chez les adultes |
hommes
94,5 %, femmes 83 % |
97 % |
Source-: Département des affaires
humanitaires, Nations Unies.
Les familles qui vivent à proximité des mines de cuivre,
de zinc et de plomb dans les Andes sont parmi les citoyens les plus pauvres
du Pérou. Ces familles font partie, pour la plupart, de tribus indiennes
locales qui habitaient la région bien avant l'arrivée des
Espagnols au 16e siècle. Ils parlent l'ancienne langue de
la région : le Quechua. (Pour apprendre quelques mots de Quechua,
clique ici). Dans la principale cordillère (chaîne de montagnes)
des Andes, il y a plus de cent camps miniers où travaillent quelque
70 000 ouvriers, presque tous des hommes; ils gagnent environ trois dollars
par jour.
C'est
aux compagnies minières que revient la responsabilité de
loger les familles des ouvriers. Cependant, dans la plupart des cas, les
conditions de vie sont extrêmement médiocres et les compagnies
dépensent le moins d'argent possible pour leur bien-être.
En générale, les logements ne répondent pas aux normes
établies par la loi. Dans le camp de Ucchucchaca, par exemple, moins
du tiers des habitations possèdent de l'eau courante ou des égoûts.
Aucune des huttes du camp n'est chauffée, malgré le froid
mordant qui règne dans la région; le camp est en effet situé
à 4 500 mètres au dessus du niveau de la mer.
L'habitation typique d'un village minier est un long bâtiment
de ciment où s'alignent plusieurs unités de logement. La
majorité des familles vivent dans une pièce de quatre mètres
carrés, et parfois, deux familles sont obligées de partager
cet espace exigu. Vingt familles doivent utiliser la même toilette
et le même lavoir extérieur. Un logement éclairé
peut subir une interruption de service à tout moment. La direction
de la mine provoque parfois ces pannes de courant pour réduire ses
coûts d'exploitation. À l'extérieur, des canaux d'eau
contaminée ceinturent les habitations. Ces eaux contiennent des
déchets toxiques provenant du traitement des minéraux et
constituent une menace pour la santé des enfants qui jouent à
proximité.
Les compagnies minières doivent également fournir la nourriture,
les soins de santé, les services d'éducation et le transport.
Toutefois, au marché du camp, les denrées essentielles sont
souvent introuvables. Il est rare que l'on mange des fruits dans les campements.
Beaucoup de variétés de fruits sont pourtant produites au
Pérou.
La malnutrition, le froid et la contamination menacent sérieusement
la vie des habitants des villages miniers. Les services de santé
ne répondent hélas pas aux besoins des populations. Un hôpital
de 10 lits peut desservir jusqu'à 5000 personnes. L'approvisionnement
en médicaments est souvent inadéquat. Beaucoup de lacunes
sont aussi présentes dans le domaine de l'éducation; dans
certains cas, il n'y a même pas d'école.
Ces conditions de vie misérables ont provoqué des soulèvements
au sein de la population. En 1982, dans le village de Mina Canaria, situé
dans la région d'Ayacucho, les mineurs et leurs familles
ont réclamé de l'électricité et de l'eau courante
pour leurs habitations. En guise de représailles, la compagnie minière
a fermé la mine... ainsi que le marché, l'école et
le dispensaire.
En désespoir de cause, les 600 familles du village - des hommes,
des femmes et plus de 800 enfants - ont plié bagage et ont entrepris
une longue marche à travers les montagnes appelée «marche
du sacrifice». Ils ont mis trois mois à franchir les 758 kilomètres
qui séparaient leur village de la capitale. Une fois arrivés
à Lima, ils ont essayé de porter leur cause devant les autorités
du gouvernement dans l'espoir de les forcer à rouvrir la mine.
Une fois sur place, ils ont établi un campement de fortune sur
un terrain de football situé près du ministère du
Travail, où ils espéraient rencontrer des représentants
officiels du gouvernement. Des bouts de carton, de vieilles tôles
et même de la paille ont servi à construire quelques misérables
abris.
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